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Cotisations CAFAT en Nouvelle-Calédonie : le guide employeur

27 juillet 2026 · 7 min de lecture · ASTER

Illustration d'un parapluie de solidarité protégeant une petite entreprise et une famille

Les cotisations CAFAT en Nouvelle-Calédonie financent la protection sociale de vos salariés : la santé, la retraite, les prestations familiales, les accidents du travail, le chômage, le logement et la formation. Chaque régime a sa logique, sa base de calcul et sa répartition entre l'employeur et le salarié. Les comprendre, c'est savoir ce que recouvre vraiment chaque ligne de votre bulletin de paie, et pourquoi la CAFAT réclame ce qu'elle réclame. Cet article vous en donne le panorama, régime par régime. Pour le versant budgétaire, c'est-à-dire ce que ces cotisations pèsent dans le coût réel d'un salarié, nous en avons fait un sujet distinct : les charges sociales de l'employeur. Ici, l'objectif est autre : comprendre, pas chiffrer.

Un mot avant d'entrer dans le détail. Les taux, les assiettes et les plafonds bougent, parfois d'une année sur l'autre, parfois en cours d'année. Vous ne trouverez donc dans ces lignes aucun chiffre. Pour un taux à jour, un plafond ou une base précise, la référence reste la CAFAT elle-même, dont la fiche des paramètres fait foi. Ce que nous vous proposons, c'est la carte, pas le relevé du jour.

À quoi servent les cotisations CAFAT en Nouvelle-Calédonie

Les cotisations CAFAT servent à mutualiser les risques de la vie professionnelle et familiale : la maladie, la vieillesse, l'accident, la charge d'enfants, la perte d'emploi. Chacun cotise selon ses moyens, chacun est couvert selon ses besoins. La CAFAT est l'organisme qui recouvre ces cotisations sur le territoire et qui, en retour, verse les prestations. Elle gère plusieurs branches du régime général, plus quelques contributions annexes qui poursuivent le même but : tenir debout un système de solidarité local.

Une distinction structure tout le reste. Certaines cotisations sont partagées : une part est retenue sur le salaire de votre collaborateur, une autre reste à votre charge d'employeur. D'autres pèsent sur le seul employeur. Aucune, en principe, ne repose sur le seul salarié. La base de calcul, elle, part des rémunérations brutes versées, avantages en nature et certaines indemnités compris. Retenez ce socle : à qui incombe la cotisation, sur quelle assiette elle se calcule. Le reste n'est que déclinaison régime par régime.

Le RUAMM, le pilier santé de la protection sociale

Le Régime Unifié d'Assurance Maladie-Maternité, le RUAMM, est la cotisation qui ouvre l'accès aux soins. Il rembourse les consultations, la pharmacie, les analyses, l'hospitalisation, et verse les indemnités journalières quand un salarié est arrêté pour maladie ou pour maternité. Selon les situations, il prend aussi en charge l'invalidité et le décès. Tout ce qui touche au corps et à sa capacité à travailler passe, d'une façon ou d'une autre, par cette ligne.

Dirigeant examinant ses documents sociaux dans un bureau à Nouméa

Le RUAMM se partage entre l'employeur et le salarié : une fraction est prélevée sur la paie, une autre vous revient. Sa mécanique connaît des tranches, avec un traitement différent au-delà d'un certain niveau de rémunération. C'est souvent la ligne la plus visible du bulletin, celle que le salarié identifie le mieux, parce qu'il en mesure la contrepartie chaque fois qu'il présente sa carte chez le médecin. Le détail des tranches et des taux, lui, relève du barème CAFAT, à vérifier à sa source.

La retraite, une pension qui se construit à chaque bulletin

La cotisation de retraite finance la pension de base de vos salariés, gérée par la CAFAT selon une logique de points. Chaque versement alimente un compte qui, le moment venu, se transformera en pension. Elle se partage, elle aussi, entre part patronale et part salariale. Rien de spectaculaire mois après mois, et pourtant c'est là que se joue, lentement, la retraite d'un collaborateur qui débute aujourd'hui sa carrière dans votre entreprise.

La base gérée par la CAFAT n'est pas toute l'histoire. La plupart des salariés relèvent en plus d'une retraite complémentaire, distincte de la CAFAT, qui vient s'ajouter à la pension de base. Deux étages, donc, pour une même retraite. Pour savoir ce qui s'applique précisément à vos salariés et à quelles conditions, l'organisme compétent et votre expert-comptable restent les bons interlocuteurs.

Prestations familiales et accidents du travail, le socle porté par l'employeur

Deux régimes reposent, pour l'essentiel, sur l'employeur. Les prestations familiales financent les allocations familiales, les allocations prénatales et de maternité, l'allocation de rentrée scolaire : ce filet qui accompagne les familles calédoniennes au fil de l'année, et que beaucoup de foyers connaissent sans toujours savoir d'où il vient. Cette cotisation, c'est vous qui la portez.

La cotisation d'accidents du travail et de maladies professionnelles couvre, elle, ce qui survient sur le lieu de travail ou à cause de lui : du soin à l'indemnisation, jusqu'aux séquelles durables. Sa particularité mérite qu'on s'y arrête. Son taux dépend du risque de l'activité, car un chantier de BTP n'expose pas comme un bureau d'études. Deux entreprises voisines peuvent ainsi supporter des taux très différents selon leur métier. C'est la CAFAT qui notifie à chaque employeur le taux applicable à son activité ; ne le devinez pas, demandez-le.

Chômage, logement, formation, les régimes qui complètent le tableau

Restent les régimes qui achèvent le panorama, et qu'on oublie parfois parce qu'ils font moins de bruit. L'assurance chômage garantit un revenu de remplacement au salarié privé d'emploi contre son gré ; elle se partage entre l'employeur et le salarié. Le Fonds Social de l'Habitat, le FSH, participe au financement du logement en Calédonie : une contribution à votre charge. La formation professionnelle, à laquelle s'ajoute le FIAF, le Fonds Interprofessionnel d'Assurance Formation, finance la montée en compétences des salariés, du côté de l'employeur là encore.

Illustration des cotisations reparties entre les differents regimes sociaux

À ce noyau s'ajoutent des contributions plus discrètes mais bien réelles, comme la Contribution Calédonienne de Solidarité ou le financement du dialogue social. Aucune n'est anodine sur un bulletin, et chacune a sa raison d'être. L'important, pour vous, n'est pas de retenir par cœur cette liste, mais de savoir qu'elle existe : quand la quittance CAFAT arrive, elle agrège tous ces régimes, et il est plus confortable de reconnaître ce qu'on paie.

Déclarer et verser, le principe de la déclaration nominative trimestrielle

Toutes ces cotisations suivent un même rythme, celui de la déclaration nominative trimestrielle des salaires, la DNTS. Chaque trimestre, l'employeur déclare à la CAFAT l'ensemble des rémunérations versées, salarié par salarié : les salaires, mais aussi les avantages en nature et certaines indemnités entrent dans l'assiette. C'est cette déclaration qui sert de base au calcul des cotisations, tous régimes confondus. Le versement suit le même calendrier : il doit intervenir dans le mois qui suit la fin du trimestre civil concerné. Les entreprises qui dépassent un certain effectif versent en plus des acomptes en cours de période ; le seuil et les modalités sont précisés par la CAFAT.

La DNTS appartient au monde de la paie, avec ses propres règles, ses assiettes et son calendrier. C'est un chantier à part entière, que nous détaillons dans notre guide sur la gestion de la paie en entreprise. Une fois la déclaration établie et la cotisation appelée, il reste à la comptabiliser et à classer la quittance CAFAT au bon endroit du dossier. C'est le terrain de la pré-comptabilité : demandez à votre cabinet s'il travaille avec un outil de pré-comptabilité comme ASTER, qui capte la pièce dès sa réception et prépare l'écriture sans ressaisie. La déclaration reste l'affaire de la paie ; l'écriture, elle, gagne à être préparée en amont, au calme.

À retenir

Questions fréquentes

Qui paie les cotisations CAFAT, l'employeur ou le salarié ?

Les deux, selon le régime. Le RUAMM, la retraite et le chômage se partagent entre une part salariale, prélevée sur la paie, et une part patronale, à votre charge. D'autres cotisations reposent sur le seul employeur : les accidents du travail, les prestations familiales, le Fonds Social de l'Habitat et la formation professionnelle. La répartition exacte figure dans le barème publié par la CAFAT.

Baie de Nouméa au coucher du soleil, lagon turquoise

Quelle différence entre cotisations CAFAT et charges sociales ?

Les cotisations CAFAT sont les contributions versées à chaque régime, prises une à une, avec leur objet propre. Les charges sociales désignent la vue d'ensemble, le poids total que ces cotisations représentent dans le coût d'un salarié. Comprendre les premières aide à maîtriser les secondes. Nous traitons ce versant budgétaire dans un article dédié aux charges sociales de l'employeur.

À quelle fréquence déclare-t-on à la CAFAT ?

Le rythme de référence est trimestriel, par la déclaration nominative trimestrielle des salaires. Vous déclarez chaque trimestre les rémunérations versées, salarié par salarié, et vous versez les cotisations dans le mois qui suit la fin du trimestre civil. Au-delà d'un certain effectif, des acomptes s'ajoutent en cours de période.

Où trouver les taux et les plafonds à jour ?

Directement auprès de la CAFAT, dont la fiche des paramètres récapitule taux, assiettes et plafonds en vigueur. Ces valeurs évoluant régulièrement, mieux vaut les vérifier à la source à chaque échéance plutôt que de se fier à un chiffre mémorisé. Votre expert-comptable les intègre déjà à votre paie.

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